En jachère, sauf les jours où je n’écris pas ailleurs.
Après presque 5 jours sans verres, et l’évidence troublante que l’état de mes cornées ne s’améliorait pas, j’ai consulté d’urgence hier chez une optométriste qui m’a dit que mes irritations cornéennes avaient dégénéré en infiltrats, petites taches opaques à la surface de la cornée, et si j’avais fait persister la situation, et bien le tout pouvait muter en ulcères…!
Des ULCÈRES dans les yeux. Ça a l’air que ça existe.
Real drame oculaire.
Être obligée de porter mes lunettes, c’est un peu m’astreindre à vivre dans une boîte, plutôt un aquarium où je ne serais qu’un genre de spectatrice, petit poisson qui voit au loin ce qui se passe. J’ai été une jeune porteuse de lunettes, du type qui se fait pointer du doigt dans la classe parce qu’elle est l’une des rares à être obligée d’en porter et que les enfants, à cet âge, peuvent être méchants pour si peu. À 16 ans, je me suis délivrée en me payant mes premières lentilles cornéennes. Pour la première fois de ma vie, j’avais l’impression de vivre dans le monde, avec le monde. Tout à coup, mon entourage me paraissait plus gros, moi de même – cela fait tout de même une différence d’avoir la lentille collée sur l’oeil et non pas à quelques centimètres de l’oeil – et ce fut quelque peu angoissant que de m’habituer aux vraies proportions de la vie. Néanmoins, je préférais de loin cette réelle vision à celle, partielle, que me laissait mes lunettes.
Enfin.
Ultimement, je veux me faire opérer. Même si en trois, j’ai entendu 3 histoires d’horreur à ce sujet. 2 mois d’hypersensibilité, une semaine à ne rien voir, de la douleur à n’en plus finir…. Je dois en avoir le coeur net. J’ai le goût de voir ma vie, de voir le vrai monde, de ne plus être enfermée dans une bulle, de voir clair quand je me lève en pleine nuit, et de ne pas chercher mes lunettes à tâton. Tannée de mettre mes yeux en danger.
Je retourne soigner mes infiltrats, et tenter de faire du sport en lunettes. Dieu que je déteste cela!
Drame oculaire
4 07 2009Commentaires : 6 Commentaires »
Catégories : Écoute ton corps!
Mode : journalisme
28 06 2009Je commence au journal demain (lundi) pm.
J’ai si hâte. J’attends cela depuis août. Mon retour a été sérieusement remis en question, mais là, c’est vrai, je débarque demain pour l’été! Hâte…! Le mot signifie si peu pour tout ce que cela représente pour moi aussi. Le terrain. Voir du monde. Interviewer. Écrire. Être publiée sur une base quasi quotidienne. Les collègues que j’ai suivis toute l’année grâce à FB. La salle de rédac. L’énergie. Les nouvelles. Les histoires. La région. Je sais pas pour vous, mais pour moi, ça signifie beaucoup.
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Catégories : Arène professionnelle
Néanmoins
26 06 2009«Célibat» et «Humidex élevé» font bon ménage.
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Catégories : Écoute ton corps!
Fin d’étape
21 06 2009Ça y est.
C’est fini. Ma collation des grades a eu lieu. Je suis désormais officiellement maître ès arts et je suis incroyablement nostalgique d’une époque révolue. J’étais si nerveuse. Monter sur un stage correspond un peu pour moi à monter sur un bûcher. Je ne me rappelle à peu près rien du moment où je suis montée sur scène recevoir mon diplôme des mains du recteur à celui où je suis retournée à ma place en disant à ma collègue Kim : «Je shake encore». Je lui ai répété à peu près jusqu’à la fin de la cérémonie. Je ne me souviens pas de ce que m’a dit le recteur à l’avant. Je ne savais pas où regarder. Je ne savais plus où aller. J’ai donné deux becs sur les joues au représentant du directeur de programme. Je n’ai pas réussi à trouver ma directrice dans le brouhaha qui a suivi. Ma foi, j’étais telle une girouette un soir de grands vents.
Je n’étais pas descendue du stage que j’étais nostalgique. Cela fait 21 ans que j’étudie sans arrêt. Que les études constituent un prétexte par excellence pour ne pas faire autre chose, pour ne pas avoir de vie à défaut d’avoir celle-là qui me stimulait intellectuellement. Et là, c’est fini (je me donne un temps de réflexion pour le doctorat, mais disons que là, je veux travailler plus que tout!). Et je veux tout, mais je ne sais pas par où commencer ni comment procéder, à force d’avoir volontairement laissé ce «tout» de côté. Freakant.
Sinon, merci aux amis qui sont venus allonger le vin avec moi au centre-ville.
Petite soirée sympathique avec la famille élargie (Mélamine-grande-soeur, Cousine, Frangin et ma nouvelle belle-frangine, Frangine Chandail et collègue N.). Je vous aime de tout mon moi!
xxx
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Catégories : Arène professionnelle
Vu
30 05 2009…sur le profil d’un vieil ami.
Petite phrase comme on trouve parfois et qui nous fait réfléchir.
«Ne laisse jamais quelqu’un être ta priorité, alors que tu leur permets d’être leur option.»
C’est pas fou.
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Catégories : Écoute ton coeur
La vie parfaite
20 04 2009Peut-on être totalement satisfait d’une vie?
Je veux dire, quand tu as l’emploi de tes rêves, le gars de tes rêves, la maison, le char, les enfants de rêve…. il reste quoi à rêver?
Se peut-il que la vie parfaite soit celle qui laisse encore place au rêve?… Un rêve inachevé, un rêve timide qui demeure toujours là, au creux de soi, qui ressurgit quant on a le cafard, un rêve de jours idéaux, un rêve de voyage, de bouffe, de parcours professionnel, de réalisation de soi…
Parce qu’à quoi bon se dépêcher à tout atteindre…que doit-on espérer ensuite? La pérennité et l’absolue croissance tranquille pour les 50 années subséquentes? Se peut-il que dans le fond, le bonheur d’une vie parfaite soit également basé sur une imperfection qui engendre l’espoir? Se peut-il que dans le fond, le bonheur nécessite une forme de chaos? Parce que l’entente parfaite, la vie parfaite sans éclats, ça se peut-tu que ça soit plate aussi? La vie est mouvante, la vie est passion, la vie est cris, larmes, joie, hurlements et colère, la vie est changeante, la vie va au fil des saisons, des éléments, du feu, de la glace et des vents.
La vie, un long fleuve tranquille? Je n’en veux pas. La vie sans chicane, sans chichi-jamais, sans peine? Sans rupture-je-perds-30-lbs-d’orgueil, sans maudits casse-tête, sans rien-de-rien-de-rien-de-rien-de-rien-de-rien-arrrrggggghhhh?
Je la laisse, cette vie-là. La mienne, je la veux vivante. Broche à foin des fois, parsemée de fous rires imprévus, de crises d’orgueil, de gros égos, de tous les défauts de la Terre. Ma vie pleines de défauts et d’imperfections, qui m’aide à me développer comme humaine-humaine, comme fille imparfaite, comme fille bizarre, comme fille de la Terre.
Suis-je dans le champ? Qu’est-ce que ça vous prend, vous, pour sentir que vous avez une vie parfaite? Quelle est votre perfection?
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Catégories : Bulles et hamsters qui spinnent
Revue féministe, 2e partie
8 03 2009Vous dire à quel point je suis en accord avec la chronique de Rima Elkouri de la Presse de ce matin! (Décidément, j’ai bien du mal à bien retranscrire les noms de nombre de chroniqueuses de La Presse. C’est la deuxième que je débaptise en 6 mois!)
Elle élabore une réflexion sur le féminisme dans la veine de celle amenée par Francine Descarries, et cite même Ariel Levy et son croustillant ouvrage Female Chauvinist Pigs, que j’avais dévoré à l’automne 2007. Je vous mets quelques extraits de la chronique, mais gâtez-vous en allant lire l’intrégale; ça ne prendra que 5 minutes et vous vous coucherez décidément plus allumés sur un enjeu bien actuel.
«Pas plus tard que la semaine dernière, juste à temps pour les célébrations du 8 mars, je me suis étouffée dans mon café en lisant qu’une productrice, à la recherche du meilleur bar de danseuses du Québec, allait nous gratifier de quatre émissions portant sur cette quête essentielle [on parle ici évidemment d'Anne-Marie Losique et de ses projets lubriques]. Chacun est bien sûr libre de chercher ce qu’il veut. Mais la question se pose tout de même: 50 ans de luttes féministes pour en arriver là? Cinquante ans de luttes féministes pour glorifier des bimbos coiffées d’oreilles de lapin, en petite tenue pour faire saliver les mononcles, qui font une compétition de danse au poteau?
Suis-je la seule à sursauter quand on essaie de nous faire passer ces bons vieux procédés de commercialisation du sexe, désormais parfaitement maîtrisés par une femme, comme une banale preuve de libération? Suis-je la seule à voir dans cette soi-disant avancée un pathétique recul, un retour en force du stéréotype de la femme-objet siliconée?»
Les propos viennent me chercher puisqu’ils vont de pair avec une partie de l’argumentation que je soutiens dans mon travail de recherche de maîtrise. Comment en sommes-nous arrivées à faire passer la chosification de la femme et son abaissement le plus total comme étant une manifestation éloquente du féminisme et de l’autonomisation de la moitié de l’humanité?
Un autre extrait et je me tais.
«Plutôt que de voir dans ce phénomène une forme de libération sexuelle, elle [parlant d'Ariel Levy et des propos soutenus dans son essai] y détecte un grand mensonge que des “machos au féminin” aiment se raconter. Sous couvert d’audace, il n’y a souvent que conformisme. Sous couvert de girl power et d’humour au second degré, il n’y a souvent qu’asservissement, vulgarité et piètre estime de soi.»
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Catégories : Actualité, Affaires de filles
Revue féministe
7 03 2009Je me gâte en ce samedi.
C’est la journée internationale des femmes demain. De LA femme, officiellement, mais DES femmes puisque nos réalités divergent d’un pays à l’autre, d’une ville à l’autre, d’une maison à l’autre… vous saisissez la chansonnette.
Chaque année, j’aime voir ce qu’on aura trouvé de nouveau à dire sur le sujet. Aussi, je dois dire que l’édition du Devoir de ce week-end, encore, me plaît beaucoup.
Entre autres, j’ai bien apprécié l’article «Aux noms des pères» (dont je ne retrouve pas l’hyperlien….!), publié conjointement entre le Groupe de recherche interdisciplinaire en démographie et épidémiologie génétique (GRIG), le Projet Balsac et l’Université du Québec à Chicoutimi. Les auteurs du papier, Marc Tremblay, Michèle Jomphe et Hélène Vézina, se propulsent dans le passé, s’imaginant une Nouvelle-France à l’affût de la nouveauté, et qui, avant-gardiste, aurait décrété dès 1608 un régime de descendance matronymique (patronyme : nom de famille qui provient du Père; matronyme : nom de famille qui provient de la Mère)… intéressant, non? Je vous mets dans le bain : voilà l’amorce.
«Québec, juillet 1608. Dans ce nouveau pays qu’il vient de fonder, pour cette nouvelle population qui est en train de naître, le Sieur de Champlain, dans un geste d’un avant-gardisme sans précédent, décrète solennellement: “À partir de maintenant et por le reste des temps, les enfants de Nouvelle-France porteront le nom de leur mère.“»
Ainsi, à l’aide des données du fichier de population Balsac, on dresse côte à côte la liste des patronymes actuels les plus fréquents (ceux qui proviennent du père) et la liste, calculée avec la base de données, des matronymes attendus selon la contribution des fondatrices de lignées maternelles.
On découvre que les Tremblay, source patronymique numéro 1 au Québec (81 500), seraient vraisemblablement éradiqués du Québec si les femmes avaient effectivement donné vie et nom à leur progéniture. «[On] se rend compte qu’il y a une grande part d’arbitraire dans la distribution contemporaine des noms de famille au Québec. Parce que seuls les noms des pères se sont transmis d’une génération à l’autre, plusieurs noms ont complètement disparu, alors que d’autres sont devenus très fréquents.» Dans une optique matronymique, on voit plusieurs noms inusités faire leur apparition. Le Québec contemporain matronymique se fonderait sur des familles de Langlois (211 600), Robin (123 800), Michel (99 100), Grenier (90 000), Dupont (85 500), Tourault (60 800), Gargottin (49 500), Leclerc (49 300), Lefevre (47 300), Trotin (45 000), Riton (38 300) et Achon (36 000). Différent des Tremblay, Gagnon, Roy, Côté, Bouchard, Gauthier, Morin, Lavoie, Fortin, Gagné, Ouellet et Pelletier actuels, non?
Je me souviens de la visite d’une Amérindienne de la communauté abénakise dans ma classe, alors que j’étudiais au secondaire. Je me souviens surtout qu’elle nous avait entretenus du matriarcat et du pouvoir féminin dans les sociétés autochtones. Elle nous avait dit, tout simplement, que chez les Amérindiens, on donnait le nom de la mère à l’enfant, puisque la mère seule avait l’assurance d’être la véritable génitrice de cet enfant qui sortait de son ventre, alors que le père, en dépit de sa présence, ne pouvait s’arroger des lois du sang. Tant de sagesse chez mes ancêtres!
*
En une, on revient également sur le livre de l’historienne Micheline Dumont, Le féminisme québécois raconté à Camille, dans lequel l’ancienne professeure de l’Université de Sherbrooke a voulu raconter l’histoire de la lutte des femmes à sa petite-fille adolescente.
Et pour raison. Entre la fin du XIXe siècle et 2009, il y a eu des avancées considérables.
«Au début du siècle dernier, par exemple, une femme mariée ne peut recevoir son propre salaire, il doit être versé à son mari. Les femmes n’ont pas le droit de fréquenter les institutions scolaires d’ordre supérieur. À la fi du XIXe siècle, quand un couple se sépare, les enfants sont remis au père, en vertu de la loi. Selon ce qu’on appelle la loi du “double standard”, un mari a le droit de demander la séparation du corps quand sa femme commet l’adultère, alors qu’une épouse n’a le droit de le faire que si son mari entretient sa concubine sous le toit conjugal. “La majorité des jeunes femmes qui sont au cégep ne savent pas ces choses-là. Je ne leur fais pas de reproches. Ce sont des choses qu’on ne sait pas à moins d’avoir eu une mère [ou une grand-mère!] féministe”, dit Micheline Dumont.»
*
Un cahier spécial est d’ailleurs dédié à La journée international des femmes. On y retrouve, en rafale, un article sur le pouvoir autochtone au féminin, une entrevue avec la ministre St-Pierre, les luttes syndicales actuelles, une entrevue avec la présidente du Conseil du statut de la femme et, ce qui aurait du être mon coup de coeur, mais qui m’a déçue, un article sur la recherche en études féministes dans les universités québécoises. Parce que si le titre annonce «De Laval à l’UQAM : L’université soutient trente années d’études féministes», il n’est systématiquement question, dans cet article, que des recherches conduites dans les grands centres : Montréal et Québec. Certes, ces universités diposent de chaires et de centres d’études féministes qui font peut-être défaut ailleurs, mais lorsqu’on sait que la recherche universitaire prend très peu d’espace dans la presse québécoise et qu’une occasion comme celle-ci se présente, c’est un peu triste de voir qu’on se contente de pratiquer la métropolisation de l’information en faisant fi des travaux qui sont menés ailleurs, avec autant d’ardeur.
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Catégories : Actualité, Affaires de filles
Petite note sur la féminisation
30 10 2008J’épluche beaucoup de textes ces temps-ci – encore - et plusieurs écoles se font concurrence en ce qui a trait à la féminisation…
Personnellement, je vais y aller selon deux écoles, selon les divers contextes de diffusion du texte et selon – qui l’eût cru? – mes humeurs du moment. ![]()
1) «Les étudiantes et les étudiants» (toujours le féminin devant le masculin, les gars sont déjà à l’avant-plan dans beaucoup de domaines..!) et féminiser les éléments qui peuvent l’être : «les personnes intéressées par cet emploi» (au lieu, par exemple, du mot «candidat»)
2) «Les étudiantEs» : mettre en majuscules les lettres correspondant au marquage féminin. Visuellement, c’est accrocheur, ça n’alourdit pas trop le texte comme la formule précédente… mais, force est d’admettre que cela ne convient pas à toutes sortes d’écrits. Quoique… j’ai été bien heureuse lorsque j’ai vu la formule utilisée intégralement dans le cadre d’un mémoire de maîtrise de l’UQAM! C’était aussi la formule employée par ma directrice de département à Sherbrooke, qui affirmait pour sa part, en prenant l’exemple de la féminisation par le biais des parenthèses (les étudiant(e)s…), que la femme avait été assez longtemps mise entre parenthèses…!
Fin de la leçon.
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