Revue féministe, 2e partie

8 03 2009

Vous dire à quel point je suis en accord avec la chronique de Rima Elkouri de la Presse de ce matin! (Décidément, j’ai bien du mal à bien retranscrire les noms de nombre de chroniqueuses de La Presse. C’est la deuxième que je débaptise en 6 mois!)

Elle élabore une réflexion sur le féminisme dans la veine de celle amenée par Francine Descarries, et cite même Ariel Levy et son croustillant ouvrage Female Chauvinist Pigs, que j’avais dévoré à l’automne 2007. Je vous mets quelques extraits de la chronique, mais gâtez-vous en allant lire l’intrégale; ça ne prendra que 5 minutes et vous vous coucherez décidément plus allumés sur un enjeu bien actuel.

«Pas plus tard que la semaine dernière, juste à temps pour les célébrations du 8 mars, je me suis étouffée dans mon café en lisant qu’une productrice, à la recherche du meilleur bar de danseuses du Québec, allait nous gratifier de quatre émissions portant sur cette quête essentielle [on parle ici évidemment d'Anne-Marie Losique et de ses projets lubriques]. Chacun est bien sûr libre de chercher ce qu’il veut. Mais la question se pose tout de même: 50 ans de luttes féministes pour en arriver là? Cinquante ans de luttes féministes pour glorifier des bimbos coiffées d’oreilles de lapin, en petite tenue pour faire saliver les mononcles, qui font une compétition de danse au poteau?
Suis-je la seule à sursauter quand on essaie de nous faire passer ces bons vieux procédés de commercialisation du sexe, désormais parfaitement maîtrisés par une femme, comme une banale preuve de libération? Suis-je la seule à voir dans cette soi-disant avancée un pathétique recul, un retour en force du stéréotype de la femme-objet siliconée?»

Les propos viennent me chercher puisqu’ils vont de pair avec une partie de l’argumentation que je soutiens dans mon travail de recherche de maîtrise. Comment en sommes-nous arrivées à faire passer la chosification de la femme et son abaissement le plus total comme étant une manifestation éloquente du féminisme et de l’autonomisation de la moitié de l’humanité?
Un autre extrait et je me tais.

«Plutôt que de voir dans ce phénomène une forme de libération sexuelle, elle [parlant d'Ariel Levy et des propos soutenus dans son essai] y détecte un grand mensonge que des “machos au féminin” aiment se raconter. Sous couvert d’audace, il n’y a souvent que conformisme. Sous couvert de girl power et d’humour au second degré, il n’y a souvent qu’asservissement, vulgarité et piètre estime de soi.»


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